Les petits futés du web n'ont pas peur des gros


Ils s'attaquent à des citadelles réputées imprenables. Leurs armes ? Un site Internet qui casse les prix ou les codes. Et une bonne dose de culot. As du contre-pied. La bonne idée n'est pas toujours révolutionnaire. Prenez Leboncoin.fr, dirigé par Olivier Aizac. Ce site de petites annonces en ligne, qui a réalisé l'an dernier 18 millions d'euros de chiffre d'affaires, a pris de court le géant eBay (8,7 milliards de dollars de revenus) en jouant la proximité. Design sans fioritures, annonces minimalistes et pour certaines sans photo, recherche par régions en cliquant sur une carte de France… Contre toute attente, «le bon coin» est l'une des requêtes les plus tapées sur Google en France. Et les visiteurs y passent en moyenne quarante minutes par mois, presque autant que sur eBay.fr. Piqué au vif, l'américain a rajouté récemment à son célèbre service d'enchères une section «petites annonces», bien en évidence sur sa page d'accueil. Devinez quoi ? Il y a même une carte de France… Posture de victime. C'est que les gros sont chatouilleux. Et s'ils tolèrent un temps qu'on leur mordille les mollets, ils peuvent aussi montrer les crocs. Philippe Koenig, cofondateur avec son frère Thierry d'Auto-IES.com, le premier vendeur de voitures neuves sur Internet, en sait quelque chose: pendant des années, les constructeurs lui ont mis des bâtons dans les roues pour protéger leurs concessionnaires. «Ces ripostes prouvent en général que le business model a fait mouche», note Marc Simoncini. Elles permettent aussi aux petits de crier aux «vieilles mafias» et aux «rentes de situation». «David contre Goliath, c'est une bonne posture pour se faire connaître du grand public», glisse en souriant l'un de nos témoins. Et pour peu que les pouvoirs publics s'en mêlent… «Les réseaux d'opticiens ont fait courir la rumeur que la vente de lunettes en ligne était illégale», raconte Marc Adamowicz, le patron d' Happyview .fr, qui a fait le siège du ministère de la Santé pour que sa locataire, Roselyne Bachelot, publie un démenti officiel. Ce qu'il a obtenu. En même temps qu'un joli coup de pub.

Le 23 Août 2010
capital.fr

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